Liberté pour Saif Abu Keshek et Thiago Ávila ! L’attaque contre la Global Sumud Flotilla et la criminalisation de la résistance et de la solidarité

Le réseau de solidarité avec les prisonnier·es palestinien·nes, Samidoun, condamne l’enlèvement de Saif Abu Keshek et Thiago Ávila de la Global Sumud Flotilla, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de piraterie menée par le régime sioniste et ses forces navales d’occupation dans les eaux internationales, avec la complicité de l’État grec et sous la responsabilité de l’impérialisme américain et de ses partenaires en Grande-Bretagne, en Europe, au Canada et en Australie. Nous appelons à la mobilisation la plus large, à l’international, pour exiger leur libération ainsi que celle de tous·tes les prisonnier·es palestinien·nes détenu·es dans les prisons sionistes.

Nous appelons non seulement à intensifier les mobilisations populaires et les actions directes pour affronter la machine de guerre impérialiste-sioniste, mais également à des mesures officielles visant à fermer les ambassades sionistes, notamment dans les pays dont des citoyen·nes ont été arrêté·es : l’Espagne, la Suède et le Brésil, ainsi qu’à l’imposition d’un embargo militaire total, sans aucune exception, et à la fin du commerce du gaz et du pétrole qui continue d’alimenter l’économie du régime colonial génocidaire.

L’attaque contre la Global Sumud Flotilla, à l’instar des attaques contre les précédentes flottilles visant à briser le blocus de Gaza, constitue un acte flagrant de piraterie, mené dans les eaux internationales par la marine sioniste, en violation du droit international. Cela n’a rien de surprenant au regard du blocus et du siège génocidaires imposés à Gaza, ainsi que de l’occupation militaire et des agressions en cours visant le reste de la Palestine, le Liban et l’Iran, et comme en témoigne également l’histoire de 18 ans d’initiatives civiles populaires pour briser le siège par la mer. Après que les deux premiers navires de la flottille Free Gaza ont atteint Gaza avec succès en 2008, les flottilles suivantes ont subi des agressions militaires répétées et des actes de piraterie ; en 2010, dix participants ont été tués sur le Mavi Marmara.

Lors des initiatives de la flottille en 2025 et 2026, des militant·es internationalistes arrêté·es ont été soumis·es à la torture, à des mauvais traitements, à des passages à tabac et à des violences sexuelles ; après l’enlèvement de plus de 175 militant·es à bord de leurs bateaux par les forces navales d’occupation sionistes, des dizaines d’entre eux·elles ont été battu·es, avec des nez, des côtes et des os fracturés, entassé·es dans des conteneurs maritimes, puis relâchés soudainement en Crète, ce qui indique une coordination et une complicité du gouvernement grec avec le régime sioniste. Dans le même temps, Saif Abu Keshek et Thiago Ávila ont été enlevés par les forces d’occupation et emmenés en Palestine occupée, où ils sont détenus, et mènent une grève de la faim, à la prison de Shikma, également connue sous le nom de prison d’Asqelan.

Le 3 mai 2026, ils ont été présentés devant un tribunal sioniste, qui a officiellement prolongé leur détention. Tous deux portaient des ecchymoses, et leurs avocats ont rapporté qu’ils avaient été battus, traînés et maintenus pendant des heures dans des positions de stress. Abu Keshek et Ávila sont tous deux membres de la direction de la Flottille mondiale Sumud.

Saif Abu Keshek est un militant palestino-suédois-espagnol vivant à Barcelone et un engagé depuis de longues années dans le mouvement pour la libération de la Palestine, présidant la Coalition mondiale contre l’occupation en Palestine. Il œuvre depuis des années à mobiliser les Palestinien·nes en exil et dans la diaspora dans la lutte pour la libération de la Palestine. Il est marié et père de trois enfants.

Thiago Ávila est un militant écologiste brésilien engagé depuis plus de vingt ans dans des campagnes pour la justice économique et environnementale, et qui s’est investi pleinement dans la solidarité avec la Palestine. Marié et père d’un enfant, il est un porte-parole de la Global Sumud Flotilla.

Alors que nous exigeons la libération d’Abu Keshek et d’Ávila, nous soulignons que cela s’inscrit dans la lutte pour la libération de plus de 9 600 prisonnier·es politiques palestinien·nes détenu·es par l’occupation sioniste, qui sont régulièrement soumis·es à de actes de torture et de mauvais traitements, y compris des assassinats, des meurtres et des violences sexuelles, et que le régime sioniste affirme ouvertement vouloir éliminer à travers une nouvelle loi dite d’« exécution des prisonnier·es ». L’expérience quotidienne des prisonnier·es politiques palestinien·nes, aux côtés desquel·les sont incarcérés aujourd’hui et comme par le passé des prisonniers internationalistes et arabes ainsi que des réfugiés et exilés palestiniens, est marquée par la faim, la répression, les agressions, le refus de visites familiales et de leurs avocats, mais aussi par leur rôle de premier plan dans la lutte de résistance palestinienne et le mouvement anti-impérialiste international.

Compte tenu du retour de plus de 175 participant·es de la flottille en Crète après leur enlèvement en dehors des eaux territoriales grecques par la marine d’occupation, nous devons souligner la complicité et l’implication du gouvernement grec dans l’attaque contre la flottille ainsi que dans le génocide en cours et le pillage des ressources du peuple palestinien. Malgré un soutien fort, large, historique et actuel à la cause palestinienne par les masses grecques, les gouvernements Grec et Chypriote, ont considérablement intensifié leur coordination militaire, matérielle et commerciale avec le régime sioniste. En témoigne les publicités en hébreu, qui ornent l’aéroport d’Athènes, faisant la promotion de biens immobiliers grecs auprès de touristes « israélien·nes ».

En février 2026, le coordinateur européen de Samidoun, Mohammed Khatib, a été détenu pendant une semaine en Crète puis expulsé de Grèce après avoir été informé qu’il avait été déclaré « étranger indésirable » par le gouvernement et interdit d’entrée sur le territoire,  une décision prise discrètement au lendemain du sommet tripartite gréco-chypriote-« israélien » de décembre 2025. Plus tôt, en septembre 2025, la coordinatrice internationale de Samidoun, Charlotte Kates, avait été arrêtée puis expulsée de l’aéroport d’Athènes après avoir été informée à son arrivée qu’elle faisait désormais l’objet d’une interdiction d’entrée dans l’espace Schengen, malgré des invitations à intervenir de la part de plusieurs organisations grecques.

L’emprisonnement de Saif Abu Keshek et de Thiago Ávila constitue un développement sérieux de la part du régime sioniste dans son ciblage des Palestinien·nes hors de Palestine, en exil et dans la diaspora, ainsi que dans la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine. Il est clair que des ambassades sionistes à travers le monde sont directement impliquées dans des demandes, des recommandations et des appels à une répression sévère des Palestinien·nes en exil et des groupes de solidarité avec la Palestine dans des pays comme l’Allemagne, les États-Unis, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Canada et ailleurs, tandis que ces puissances impérialistes sont elles-mêmes motivées à intensifier cette répression pour défendre leur propres intérêts.

Divers secteurs du gouvernement sioniste, agissant de concert avec des agences de sécurité et de surveillance impérialistes ainsi qu’avec des organisations de lobbying sionistes à l’échelle internationale, incitent de manière répétée à la criminalisation, non seulement des organisations de la résistance palestinienne, libanaise, yéménite et iranienne, mais aussi des mouvements populaires et des organisations d’action directe qui militent pour la libération de la Palestine. Citons par exemple Palestine Action en Grande-Bretagne et Samidoun en Allemagne, aux États-Unis, au Canada et ailleurs. Ils ont à plusieurs reprises cherché à interdire et criminaliser des organisations palestiniennes et mènent actuellement une campagne visant à faire interdire Masar Badil, le Mouvement alternatif de la voie révolutionnaire palestinienne, en Allemagne.

Des sources de renseignement « israéliennes » sont à l’origine des « preuves » contestées utilisées pour emprisonner les Holy Land 5 aux États-Unis, où Ghassan Elashi et Shukri Abu Baker purgent toujours des peines de 65 ans pour des activités caritatives ; mais également Anan Yaeesh en Italie, récemment condamné à plus de quatre ans de prison ; Mohammed Hannoun et ses camarades en Italie, placés en détention provisoire, dont plusieurs ont été libérés après que des juges italiens ont rejeté ces « preuves » jugées infondées, Ali, un réfugié palestinien actuellement incarcéré en France depuis deux ans en détention préventive, ainsi qu’au moins 12 Palestiniens en Allemagne, pour la plupart des réfugiés palestiniens du Liban, ciblés en raison de leurs activités sociales et politiques et de leurs liens communautaires.

Des responsables sionistes ont notamment exprimé leur volonté d’emprisonner Abu Keshek pour « appartenance à une organisation terroriste », après l’avoir enlevé à bord d’un bateau de soutien de la flottille. Ils ont mis en avant son rôle au sein de la Conférence populaire des Palestiniens de l’étranger (PCPA), l’une des organisations de base visant à restaurer le rôle des Palestinien·nes hors de Palestine dans la lutte de libération. La PCPA faisait partie des trois organisations palestiniennes en Europe désignées par le régime sioniste en août 2021, six mois après la désignation de Samidoun en février 2021, et deux mois avant celle de six ONG palestiniennes en octobre 2021, comme organisations « illégales » ou « terroristes ».

Le 21 janvier 2026, le gouvernement des États-Unis a poursuivi sa série de sanctions OFAC visant des organisations palestiniennes en exil et dans la diaspora, des organisations de solidarité avec la Palestine, des associations caritatives à Gaza, ainsi que des personnalités palestinien·nes. Ces nouvelles désignations visaient notamment la Conférence populaire des Palestinien·nes de l’étranger ainsi que Zaher Birawi, un militant palestino-britannique et dirigeant de la Coalition internationale pour mettre fin au blocus de Gaza, participant et responsable de longue date des initiatives de la Flottille de la liberté. Comme nous l’avions souligné à l’époque : « La désignation de la Conférence populaire des Palestinien·nes de l’étranger constitue une attaque claire contre l’auto organisation du peuple palestinien à l’échelle internationale, perçue comme une menace sérieuse pour la poursuite du génocide, et contre les campagnes de la Flottille de la liberté qui cherchent à briser le siège. » Parallèlement à la désignation de Birawi, il s’agissait également d’une tentative manifeste de marginaliser les campagnes de la flottille et d’exclure les Palestinien·nes en exil de ces actions.

De la même manière que Samidoun a été désigné “Specially Designated Global Terrorist” (SDGT) en octobre 2024, aux côtés de l’écrivain et militant palestinien Khaled Barakat, ces nouvelles désignations, émises par le département du Trésor Public des États-Unis, ont été émises dans le but de fragmenter le mouvement, d’instaurer la peur au sein de la communauté palestinienne, de couper les militant·es aux États-Unis du mouvement international et de réprimer l’auto organisation de la diaspora palestinienne et les mouvements de solidarité. Parmi les personnes visées par des sanctions américaines depuis 2024 figurent des personnalités comme Majed al-Zeer, Mohammed Hannoun, Amin Abou Rashed, Israa Abu Rashed et Adel Doughman, ainsi que Birawi, Barakat et bien d’autres en Palestine, en Algérie et en Turquie, ainsi que des organisations telles que l’Association Wa’ed pour les prisonnier·es et les prisonnier·es libéré·es ; Addameer, organisation de soutien aux prisonnier·es et de défense des droits humains ; Samidoun ; la PCPA ; la fondation ISRAA ; l’Association caritative de solidarité avec le peuple palestinien ; ainsi que des organisations caritatives à Gaza ayant soutenu des populations confrontées au génocide avec des millions de dollars ou d’euros de dons.

Ces désignations ont particulièrement ciblé l’auto-organisation des Palestinien·nes en exil et dans la diaspora, le soutien au mouvement des prisonnier·es palestinien·nes, ainsi que les efforts visant à briser le blocus, y compris par l’action directe et le soutien financier. Elles s’inscrivent clairement dans une initiative coordonnée entre l’impérialisme américain et le régime sioniste, avec la complicité et la participation de l’Europe. Bien entendu, ces sanctions contre des organisations et des individus s’accompagnent de mesures économiques coercitives visant des États qui défient l’impérialisme américain, notamment l’Iran, Cuba, le Venezuela et d’autres États indépendants qui défendent leur droit à se développer et à définir leur avenir, et qui sont régulièrement soumis non seulement à une agression économique dévastatrice, mais aussi à des attaques et agressions militaires directes de la part des États-Unis et d’« Israël ».

Le régime sioniste invoque directement ces désignations, tant celles de 2021 que de 2026, pour justifier l’interrogatoire et l’emprisonnement de Saif Abu Keshek et Thiago Ávila. Si ce nouveau crime reste impuni, ou s’il est accueilli par le silence ou l’indifférence, on peut s’attendre à une intensification des enlèvements de Palestinien·nes en exil ainsi que d’internationalistes, à une criminalisation accrue des mouvements pour la justice en Palestine, et à un usage renforcé des sanctions américaines et des désignations OFAC/SDGT comme moyens de répression.

Le département d’État américain a publié le 30 avril une déclaration particulièrement menaçante, au moment même où l’entité sioniste lançait son assaut militaire contre des bateaux civils internationaux, appelant explicitement ses « alliés » à exercer une répression étatique contre la flottille, tout en évoquant les sanctions de l’OFAC contre la PCPA ainsi que le soutien à la résistance en Palestine, au Liban et en Iran exprimé par les dirigeants de la flottille (ce qui, rappelons-le, est parfaitement légal aux États-Unis). Les États-Unis ont exigé que la flottille et ses navires soient privés d’accès aux ports, au ravitaillement et à l’amarrage, et soumis à des mesures juridiques répressives, alors même que l’entité sioniste menait des actes de piraterie flagrante. Le gouvernement américain a également clairement exprimé son intention de dissuader et de réprimer la participation de ressortissant·es américain·es à la flottille.

Indépendamment des débats au sein du mouvement sur l’efficacité de telle ou telle tactique, il est clair pour tous·tes que l’action directe contre la machine de guerre doit être intensifiée ; il doit également être clair que l’attaque et l’emprisonnement des militant·es de la flottille, notamment sur la base d’accusations de « terrorisme » pour avoir rejeté les sanctions américaines et les désignations sionistes, doivent susciter une solidarité mondiale, dans le cadre de la campagne pour la libération de tous·tes les prisonnier·es palestinien·nes, la levée du blocus de Gaza, le retour de tous·tes les réfugié·es palestinien·nes et la libération de la Palestine, du fleuve à la mer.

Liberté pour Saif Abu Keshek et Thiago Ávila ; liberté pour tous·tes les prisonnier·es palestinien·nes détenu·es dans les prisons sionistes et impérialistes !

De la mer au Jourdain, Palestine vaincra !

Nous rappelons les points ci-dessous, formulés au moment de la désignation de Samidoun ainsi qu’au moment de la désignation d’Addameer et de cinq associations caritatives :

La répression de Samidoun s’inscrit dans une attaque plus large contre la diaspora palestinienne, la communauté arabe et tous·tes les internationalistes qui luttent pour la Palestine. Elle fait partie de la lutte mondiale contre le colonialisme et l’impérialisme, qui se poursuivra jusqu’à la libération de la Palestine, du fleuve à la mer, au droit au retour pour tous·tes les réfugié·es palestinien·nes et à la libération de tous les peuples et nations opprimé·es.

De la même manière que l’entité sioniste craint la résistance palestinienne, les puissances impérialistes craignent la diaspora palestinienne et ses soutiens, qui se mobilisent encore et encore, en particulier depuis le début de l’opération Toufan Al-Aqsa et du génocide du peuple palestinien par le régime sioniste. Elles redoutent un mouvement populaire fort qui menace leurs intérêts économiques et politiques en Palestine et dans la région.

À cet instant, nous soulignons à l’attention des camarades du mouvement de libération de la Palestine aux États-Unis que la réponse aux désignations « terroristes » de toute nature ne peut consister à isoler les organisations désignées, à empêcher les autres organisations du mouvement de travailler et militer avec elles, ou à refuser de parler de cette répression.

Ce type de pratique, trop souvent justifié comme étant « intelligent » ou relevant d’un « avis juridique stratégique », ne fait qu’encourager le régime états-uniens à désigner et sanctionner un nombre croissant d’organisations et d’individus, car cela indique clairement à nos ennemis qu’ils peuvent atteindre leurs objectifs politiques de cette manière. Nous ne pouvons pas affronter ces désignations sans comprendre clairement que nos ennemis ne sont pas mus par une volonté de justice et qu’ils ne font qu’appliquer la loi, mais qu’ils mènent plutôt une guerre génocidaire contre le peuple palestinien dans son ensemble, violant quotidiennement les règles les plus élémentaires du droit national et international… Le but des législations « antiterroristes » n’est pas seulement de criminaliser les organisations et de les soumettre à des sanctions financières et à une politique d’asphyxie, mais aussi de modifier et d’orienter la politique et les priorités du mouvement dans son ensemble. 

Pour que le travail du mouvement de solidarité soit significatif et efficace, il doit agir pour soutenir les organisations de la résistance palestinienne et se coordonner avec elles au niveau le plus large possible.

La réponse à ces désignations doit être la défiance, la solidarité et le refus de notre mouvement de se plier aux exigences américano-sionistes-impérialistes visant à isoler la résistance, isoler les prisonnier·es palestinien·nes et affamer le peuple palestinien sous couvert de « légalité ».

Au contraire, nous devons redoubler d’efforts pour intensifier notre résistance, soutenir l’intifada dans les rues des villes du monde, exiger la fin des listes d’organisations dites « terroristes » et le retrait de toutes les organisations de résistance palestiniennes, libanaises, yéménites, iraniennes et autres de ces listes, soutenir la résistance palestinienne ainsi que toutes les forces de résistance dans la région et dans le monde, et exiger la libération de chaque prisonnier·e palestinien·ne, ainsi que la libération de la Palestine, du fleuve à la mer.

 


En savoir plus sur Samidoun : réseau de solidarité aux prisonniers palestiniens

Subscribe to get the latest posts sent to your email.