A Ivry-sur-Seine lors de la soirée « Liberté, égalité, antiracisme », les dissolutions d’organisations anticolonialistes largement dénoncées

Crédit photo : FUIQP Paris-Banlieue

Lundi 4 avril à Ivry-sur-Seine, la salle était comble pour la soirée « Liberté, égalité, antiracisme » organisée par plusieurs associations et soutenue par les médias Regards, Politis et Médiapart. De nombreuses personnalités étaient invitées à intervenir lors de différents panels notamment la militante antiraciste Assa Traoré, le journaliste Edwy Plenel ou encore les sociologues Saïd Bouamama et Eric Fassin. Membre du Comité contre la dissolution du Collectif Palestine Vaincra, Nicolas Becaut est intervenu pour dénoncer la radicalisation autoritaire du gouvernement Macron et les dissolutions des organisations de soutien à la Palestine. Nous retranscrivons ci-dessous son intervention :

Le Collectif Palestine Vaincra a été créé en mars 2019 à Toulouse. Pendant 3 ans, il a mené un travail de terrain grâce à des stands d’information, des rassemblements et manifestations mais également à travers de nombreuses campagnes notamment de boycott d’Israël, de soutien aux prisonniers et prisonnières de la résistance palestinienne, en particulier Georges Abdallah et plus généralement de nombreuses activités de soutien au peuple palestinien et à sa résistance légitime contre l’occupation.

Le 24 février dernier, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin annonçait la dissolution du collectif Palestine Vaincra sur demande d’Emmanuel Macron, qui sera confirmée et rendue effective par le conseil des ministres 2 semaines plus tard.

Quelles sont les accusations du gouvernement ?
Le pouvoir accuse ce collectif de soutenir la lutte du peuple palestinien et sa résistance. Il les accuse également de défendre le boycott d’Israël ainsi que la libération des prisonniers du mouvement palestinien. Ainsi ; le décret va jusqu’à les accuser de défendre la libération de Georges Abdallah, communiste libanais, enfermé en France depuis 1984 pour avoir résisté au côtés de ses frères et sœurs palestiniens. Usant de la rhétorique assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme, Macron va jusqu’à nommément taxer le collectif de « collectif antisémite » le 20 mars dernier et affirmer que l’antisionisme est un « ennemi de la République » lors de la commémoration des 10 ans de la tuerie d’Ozar Hatorah perpétrée par Mohamed Merah à Toulouse.

Cette nouvelle attaque contre le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien n’est qu’une étape de plus dans la politique de soutien à l’apartheid, au colonialisme et au racisme israélien. En effet, ces dernières années, on assiste à une radicalisation du soutien de la politique française à la colonisation de la Palestine. Aujourd’hui, le gouvernement français s’aligne sur l’extrême droite israélienne et défend coûte que coûte le régime d’apartheid israélien. Rappelons également que c’est ce même gouvernement qui maintient le résistant Georges Abdallah dans ses prisons depuis plus de 37 ans, alors que celui-ci est libérable depuis 1999.
Ainsi, la dissolution du Collectif Palestine Vaincra, ainsi que celle du Comité Action Palestine à Bordeaux, constituent une nouvelle attaque contre le mouvement de soutien à la lutte du peuple palestinien.
Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, la politique autoritaire et liberticide du gouvernement s’est radicalisée. De nombreuses organisations musulmanes et antiracistes ont été dissoutes, maintenant ce sont des organisations de soutien à la Palestine et antifasciste comme la GALE à Lyon qui sont dissoutes. À chaque fois, leur volonté est claire : réduire au silence les organisations qui luttent contre le racisme d’État et l’impérialisme français. Face à ces attaques, nous devons défendre les libertés d’expression et d’association et faire front contre la répression.

À Toulouse, nous avons créé un Comité contre la dissolution du Collectif Palestine Vaincra qui regroupe plus d’une trentaine d’organisations dont les principales organisations syndicales (UD CGT, FSU, Solidaires) partis et collectifs toulousains, le comité se donne comme objectif de combattre la dissolution du Collectif Palestine Vaincra qui sera contestée devant le Conseil d’État et plus largement de dénoncer la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine. Ce comité appelle à  une semaine de mobilisation dès le 15 avril afin de faire vivre la solidarité.

Non à la répression du combat antiraciste et anticolonialiste !
Palestine vivra, Palestine Vaincra !

Crédit photo : FUIQP Paris-Banlieue