Photo: Oren Ziv/Activestills

French academics and writers published a collective letter in Le Monde on 23 January, focusing on the case of Ahed Tamimi and the plight of the approximately 360 Palestinian child prisoners in Israeli prisons. The letter also highlights the case of Salah Hamouri, the French-Palestinian lawyer jailed without charge or trial under administrative detention. Public officials and municipalities across the country have adopted declarations demanding Hamouri’s release and even the French government has acceded to the popular call to demand his freedom.

The statement follows below:

We call for the support and intervention of the President to stop the detention of Palestinian children in Israeli prisons. We especially wish to draw attention to the case of Ahed Tamimi, pursued by the Israeli government. Last 15 December, Mohammed Tamimi, 15, was hit in the head by a rubber-coated metal bullet fired at close range by soldiers of the Israeli occupation army. The boy was in critical condition and his cousin Ahed Tamimi, age 16, was visibly upset by the announcement of his condition and the severity of his injuries.

This same unit of soldiers approached the family home an hour later, and Ahed screamed at them and slapped a soldier. This time, the encounter was filmed by her mother and posted on social media, and it shows the courage of an unarmed teenager confronting two heavily armed soldiers.

On 19 December 2017, Ahed Tamimi was abducted from her home in the night by the army and brought before a military court. The twelve counts of indictment brought against her could carry a sentence of 12 years in prison. Israeli military courts deal exclusively with Palestinian prisoners, with a conviction rate of 99.74 percent. Thus, the future of Ahed Tamimi appears dark without intervention.

Some as young as 12

We call on the President to provide urgent support for the immediate release of Ahed Tamimi and the dismissal of all charges against her. However, Ahed Tamimi’s case is not isolated. According to Defense for Children International – Palestine, Israel brings 500 to 700 Palestinian children before military courts each year, some as young as 12. It imprisons an average of 200 children in any given period.

According to the reports of international agencies, including UNICEF, Human Rights Watch, B’Tselem, Amnesty International and Defense for Children International – Palestine, three out of every four children arrested experience violence during arrest or interrogation. They are frequently arrested in night raids on their home; 85 percent of arrested Palestinian children were blindfolded and 95 percent were handcuffed.

They are deprived of access to lawyers, denied the presence of their parents during interrogation and forced to sign confessions. They are also subject to “administrative detention,” imprisonment without charge or trial. They are often detained in detention centers located outside the territories occupied by Israel, making visits from their families difficult. The use of isolation cells for the interrogation of children is a practice that has been likened to torture under international law.

Salah Hamouri victim of the same procedure

The UNICEF report of 2013, “Children in Israeli military detention,” concludes: “The abuse of children in contact with the military detention system appears to be widespread, systemic and institutionalized throughout the process, from the time of arrest through the prosecution of the child, their potential conviction and the application of a penalty.”

We urge President Emmanuel Macron to take action urgently to contact the Israeli authorities to finally end their detention practices that violate children’s rights, human rights and international law. We also remind him that, to date, our compatriot Salah Hamouri also remains in Israeli jails, a victim of the same unfair framework of “administrative detention.” France must ask so that Ahed Tamimi and other Palestinian child prisoners come home as soon as possible. We cannot look away while children and one of our compatriots are illegally detained far from their families.

Signatories: Etienne Balibar, emeritus professor of philosophy, université de Paris- Ouest ; Pierre Barbancey, journalist ; Michel Benassayag, psychoanalyst and philosopher ; Rony Brauman, physician and essayist ; Alain Brossat, professor of philosophy ; Marie Buisson, FERC CGT ; Cybèle David, organizer of the SUD Education Federation ; Alain Gresh, editor of the online journal OrientXXI.info ; Bernadette Groison, general secretary of the FSU ; Nacira Guénif, sociologist, université Paris-8 ; Kaddour Hadadi, artist (HK) ; Geneviève Jacques, president of Cimade ; Nicole Lapierre, social anthropologist ; Jean Etienne de Linarès, CEO of ACAT ; Gilles Manceron, historian ; Malik Salembour, president of the LDH ; Sylvie Tissot, sociologist ; Dominique Vidal, collaborator of Le Monde diplomatique.

French original:

Il faut « exiger la fin des pratiques de détentions qui constituent une violation des droits des enfants » en Israël

Tribune. Nous sollicitons le soutien du président de la République et son intervention pour l’arrêt de la détention d’enfants palestiniens dans les prisons israéliennes. Nous voulons en particulier attirer son attention sur le cas de Ahed Tamimi poursuivie par le gouvernement israélien : le 15 décembre dernier Mohamed Tamimi 15 ans est atteint à la tête par une balle de métal recouverte de caoutchouc tirée à courte de distance par des soldats de l’armée d’occupation israélienne. Le jeune garçon était dans un état critique et sa cousine Ahed Tamimi, âgée de 16 ans, était visiblement bouleversée par l’annonce de son état et la gravité de ses blessures.
Ces mêmes soldats ont approché une heure plus tard la maison familiale, et Ahed les a frappés en leur criant de partir. Ce moment filmé par sa mère et diffusé sur les réseaux sociaux montre le courage d’une adolescente affrontant à mains nues deux soldats lourdement armés.
Le 19 décembre 2017, Ahed Tamimi est enlevée chez elle en pleine nuit par l’armée puis traduite devant un tribunal militaire. Les douze motifs d’inculpation retenus contre elle lui font courir le risque de 12 ans de prison. Les tribunaux militaires israéliens ne traitent que des cas de prisonniers palestiniens avec un taux de condamnation de 99,74 %. Ainsi, l’avenir de Ahed Tamimi paraît sombre sans notre intervention.

Certains âgés de 12 ans

Nous lui demandons d’apporter urgemment son soutien à la libération immédiate de Ahed Tamimi et à la levée de toutes les charges retenues contre elle.
Le cas de Ahed Tamimi n’est pas isolé. Selon l’association Defense of Children International-Palestine, Israël poursuit chaque année de 500 à 700 enfants devant des tribunaux militaires, certains âgés de 12 ans, et détient en prison une moyenne de 200 enfants en toute période.
Selon les enquêtes des agences des Nations unies, dont l’Unicef, Human Right Watch, B’tselem, Amnesty International, and Defense for Children International – Palestine, trois enfants arrêtés sur quatre subissent des violences lors de leur arrestation ou des interrogatoires. Ils sont fréquemment arrêtés lors de descentes nocturnes dans leur foyer ; 85 % des enfants palestiniens arrêtés ont les yeux bandés et 95 % sont menottés.
Ils sont privés d’accès à un avocat, de visite de leurs parents durant les interrogatoires et sont forcés de signer des aveux. Ils sont souvent placés en « détention administrative », pouvant ainsi être détenus plusieurs mois sans inculpation ni procès. Leurs centres de détention souvent situés hors des territoires occupés en Israël, rendent les visites de leurs familles difficiles. L’usage des cellules d’isolement pour les interrogatoires d’enfant est une pratique assimilée à la torture par la loi internationale.

Salah Hamouri victime de la même procédure

Le rapport de l’Unicef de 2013 « Enfants en détention militaire israélienne » conclut : « la maltraitance des enfants au contact du système militaire de détention semble être généralisée, systémique et institutionnalisée tout au long du processus, depuis le moment de leur arrestation jusqu’à la poursuite en justice de l’enfant, son éventuelle condamnation et l’application de la peine ».
Nous demandons au président Emmanuel Macron de prendre contact d’urgence avec les autorités israéliennes pour exiger que cessent enfin des pratiques de détentions qui constituent une violation des droits des enfants, des droits humains et du droit international.
Nous lui rappelons qu’à ce jour, notre compatriote Salah Hamouri demeure lui aussi dans les geôles israéliennes, victime de la même procédure inique de « détention administrative ».
La France doit agir pour que Ahed Tamimi et tous les autres enfants palestiniens prisonniers retrouvent leur foyer dans les plus brefs délais. On ne saurait regarder ailleurs alors que des enfants et l’un de nos compatriotes sont détenus illégalement loin de leurs familles.
Les signataires : Etienne Balibar, professeur émérite de philosophie, université de Paris- Ouest ; Pierre Barbancey, journaliste ; Michel Benassayag, psychanaliste et philosophe ; Rony Brauman, médecin et essayiste ; Alain Brossat, professeur de philosophie ; Marie Buisson, FERC CGT ; Cybèle David, animatrice de la fédération SUD éducation ; Alain Gresh, directeur du journal en ligne Orient XXI. info ; Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU ; Nacira Guénif, sociologue, université Paris-8 ; Kaddour Hadadi, artiste (HK) ; Geneviève Jacques, présidente de la Cimade ; Nicole Lapierre, socio-anthropologue Jean Etienne de Linarès,délégué général de l’ACAT ; Gilles Manceron, historien ; Malik Salembour, président de la LDH ; Sylvie Tissot, sociologue ; Dominique Vidal, collaborateur du Monde diplomatique.