Attaque de la manifestation du 21 janvier 2024 à Bruxelles

Le dimanche 21 janvier, lors de la manifestation de masse qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Bruxelles pour exprimer leur soutien et leur solidarité avec le peuple palestinien qui résiste au génocide à Gaza, le bloc du Comité populaire pour la Palestine (CPP) a été soudainement et sévèrement agressé physiquement par l’équipe de sécurité chargée de cette tâche par le comité d’organisation de la manifestation. Le bloc du Comité populaire pour la Palestine (CPP) a subi une attaque inqualifiable de la part du service de sécurité des organisateurs. Des stewards portant des gilets fluorescents ont volé des drapeaux de Samidoun et ont tenté de s’emparer de ceux réclamant la libération de Georges Abdallah, le combattant arabe libanais pour la Palestine emprisonné en France depuis 39 ans, agressant physiquement plusieurs personnes du bloc (dont des femmes,l’une d’entre elles ayant vu ses lunettes abîmées par les agresseurs).

Nous dénonçons fermement cette agression, qui n’est malheureusement pas la première du genre : depuis la manifestation du 11 octobre devant le Ministère des Affaires Etrangères, nous sommes systématiquement victimes d’agressions physiques et verbales et de tentatives de nous empêcher d’exprimer notre appartenance au Réseau Samidoun ainsi que notre soutien à Georges Abdallah.

Le prétexte de l’interdiction était que “la communauté palestinienne”  avait exprimé le souhait que seul le drapeau palestinien soit hissé. Bien que cela soit utilisé comme excuse, c’est clairement faux : Lors de cette manifestation et depuis celle du 11 octobre, des organisations comme Intal, Viva Salud, PTB, FGTB, LDH, Amnesty International et d’autres apportent régulièrement des drapeaux et des banderoles avec leurs logos et leurs noms, elles ne sont pas attaquées et leurs drapeaux ne sont pas enlevés. En outre, nos banderoles, y compris celles à l’effigie de Ghassan Kanafani et réclamant la liberté des prisonniers palestiniens, ont également été attaquées de force par ces agents de sécurité, malgré la présence d’un grand nombre de banderoles diverses représentant d’autres organisations dans les marches.

Alors que nous sommes systématiquement attaqué.es lors des manifestations nationales (et que nos demandes de manifestations sont refusées par la police et les autorités publiques), la coalition, qui a été informée de ces attaques, n’a réagi d’aucune manière et n’a pris aucune mesure pour les faire cesser.

Cette attaque est d’autant plus condamnable qu’elle a délibérément visé le bloc composé majoritairement de jeunes Palestiniens et Arabes, avec en son sein la présence de familles, d’enfants et de personnes âgées. Au lieu d’être source d’unité, de telles actions visent à diviser la communauté palestinienne et la population en Belgique et à les monter les un.es contre les autres, ainsi qu’à isoler les activistes qui font face à la répression de l’Etat.

Outre notre rejet de la violence physique à l’encontre de personnes venues manifester leur soutien à la Palestine, il convient de souligner que ces attaques surviennent simultanément à une campagne de propagande massive du régime sioniste : le régime colonial israélien a décidé de classer le réseau Samidoun comme organisation terroriste et fait pression sur les pays occidentaux pour qu’ils en fassent de même. L’extrême droite et ses partisans se sont joints à cette initiative, et l’ambassadeur d’Israël en Belgique a tweeté pour attaquer le bloc PCP et Samidoun au moment même où le personnel de sécurité des organisateurs nous agressait physiquement dans la manifestation. En Allemagne, le gouvernement a déclaré une interdiction politique de Samidoun (sans procédure judiciaire, il s’agit d’une interdiction politique et non juridique).

La FGTB, syndicat se revendiquant de gauche, a été jusqu’à retirer sa signature de l’appel pour le premier rassemblement, en motivant ce retrait par la présence de Samidoun qu’elle qualifie d’« organisation pro-Hamas » soutenant le terrorisme. Ce retrait s’effectue exactement au moment où la propagande sioniste s’intensifie et est la seule réponse de l’organisation syndicale, au lieu d’intensifier ses revendications en faveur des droits et de la liberté du peuple palestinien.

La France semble vouloir suivre l’Allemagne dans sa dérive fasciste, et la Belgique n’est pas en reste, puisque la NVA, connue pour son positionnement à l’extrême droite de l’échiquier politique belge, a lancé des attaques hostiles contre Samidoun Brussels au parlement, appelant ouvertement le gouvernement belge à répondre aux pressions du gouvernement israélien d’extrême droite et à réprimer la liberté d’expression et d’association sur la Palestine en Belgique.

Le fait que ces attaques sionistes et fascistes soient suivies d’agressions physiques et de tentatives d’isolement politique des militants de Samidoun par des organisations qui se disent uniquement motivées par la solidarité avec la Palestine soulève des questions, notamment sur les activités de maintien de l’ordre interne entreprises par la coalition organisant les manifestations nationales. Outre le fait que ces agressions sont juridiquement (vol, coups et blessures) et politiquement (censure) condamnables, il est important de souligner qu’elles sont l’expression du paternalisme et du racisme ambiants : la petite bourgeoisie majoritairement blanche fait taire les voix des réfugiés sans papiers et tente d’exploiter et/ou de créer des contradictions au sein de la population palestinienne en Belgique, alors que le gouvernement enferme les Palestinien.nes dans des centres fermés, ne remplit pas ses obligations en matière d’accueil et les laisse sans ressources dans les rues, et continue d’envoyer des armes à l’Autorité palestinienne pour qu’elle s’engage dans la “coordination de la sécurité” avec l’occupation israélienne et de réprimer la résistance palestinienne en Cisjordanie.

ABP, Intal, CNCD et compagnie, nous vous voyons : vous ne nous ferez pas taire par la violence.