Mohammed Khatib s’exprime après sa libération en Grèce et appelle à l’action et à la mobilisation

Dans l’après-midi du mercredi 11 février 2026, Mohammed Khatib, coordinateur européen du réseau international de solidarité avec les prisonnier·es palestinien·nes, Samidoun, a finalement été libéré de sa détention à Héraklion, en Crète, après qu’une ordonnance ait été rendue par le tribunal administratif de première instance. Il était détenu depuis son arrestation le samedi 7 février, alors qu’il était arrivé à Héraklion pour prendre la parole lors d’un événement de soutien aux prisonnier·es palestinien·nes organisé par l’Assemblée de solidarité avec le peuple palestinien, en compagnie du prisonnier libéré Abdel-Nasser Issa.

Sa libération est le résultat d’une large campagne de soutien en Grèce et dans toute l’Europe, avec des déclarations en France et en Catalogne signées par des dizaines d’organisations, des manifestations à Athènes et à Bruxelles, des visites d’activistes et de parlementaires locaux, et la mobilisation d’avocat·es progressistes. Mohammed reste interdit de séjour en Grèce jusqu’en 2033 et a reçu l’ordre de « s’auto-expulser » vers la Belgique, où il est également confronté à une répression sévère, notamment une décision de retrait de son statut de réfugié dont il a actuellement fait appel. Cette interdiction de séjour a été émise par le gouvernement Grec le 24 décembre 2025, deux jours seulement après le sommet tripartite entre la Grèce, Chypre et l’entité sioniste sur leur coopération militaire, sécuritaire et économique.

Pendant sa détention, il a été détenu dans des conditions inhumaines et insalubres, dans des cellules infestées de punaises de lit et de maladies infectieuses comme la gale (également courante chez les prisonnier·es palestinien·nes incarcéré·es dans les prisons sionistes et privé·es de produits d’hygiène et de soins médicaux, en particulier depuis Toufan Al-Aqsa et le début du génocide qui s’intensifie actuellement). Sa libération intervient un jour après que la police ait fait part de son intention de continuer à le détenir arbitrairement.

Le réseau international de solidarité avec les prisonnier·es palestinien·nes, Samidoun, salue tous les efforts déployés par les habitant·es de Crète, de toute la Grèce et du monde entier pour obtenir la libération du camarade Mohammed Khatib. Sans cette attention et cette mobilisation, il serait très probablement encore en détention aujourd’hui. Nous appelons tous·tes les partisans de la Palestine à intensifier leur mobilisation, leurs actions et à s’organiser pour libérer tous·tes les prisonnier·es palestinien·nes et les prisonnier·es pour la Palestine détenu·es dans les prisons impérialistes, en Italie, en Allemagne, France, Belgique, Grande-Bretagne et aux États-Unis, ainsi que, surtout, les plus de 9 300 personnes qui souffrent, luttent et résistent dans les cachots sionistes, confrontées à la torture, aux abus médicaux, aux disparitions forcées et au plan d’« exécution » de Ben-Gvir et du régime sioniste. La libération des prisonnier·es est un élément essentiel de la lutte pour la libération de la Palestine, de la Mer au Jourdain.



Déclaration de Mohammed Khatib, après sa libération du centre de rétention d’Héraklion :

Je suis libre, après cinq jours d’emprisonnement dans ce qu’ils appellent des « centres de rétention », mais qui sont en réalité des laboratoires de torture et d’humiliation, où des dizaines de mineurs, de jeunes, de personnes âgées, de réfugiés, de migrants et de Grecs pauvres sont tous confrontés aux mêmes conditions inhumaines. Je vous suis reconnaissant pour votre solidarité et votre soutien. Nous devons également nous souvenir de ceux qui sont oubliés derrière les barreaux, sans aucun droit ni justice. Les abus et les tortures systématiques en Grèce nous rappellent les méthodes utilisées par l’entité sioniste contre le peuple palestinien, et ce sont les mêmes procédés utilisées par les puissances colonialistes et impérialistes dans le monde. J’appelle tout le monde à faire preuve d’une solidarité inconditionnelle avec les migrant·es et les réfugié·es en Grèce et ailleurs, et à intensifier la lutte contre les prisons et les centres de détention au cœur de l’empire.

Au cours de mes cinq jours de détention, j’ai puisé ma force et mon énergie dans mon peuple, le peuple palestinien, dans Mahmoud Farajallah, qui est mort en martyr dans le centre de détention de l’aéroport de Bruxelles il y a plusieurs mois, dans la longue histoire de la lutte du mouvement des prisonnier·es politiques palestinien·nes dans les prisons de l’occupation, dans notre peuple à Gaza qui se bat pour la vie et l’humanité contre l’occupant génocidaire.

Une fois de plus, le gouvernement grec a montré son vrai visage et sa position en tant qu’instrument du régime sioniste et des soi-disant États-Unis d’Amérique, non seulement contre nous, réfugié·es et migrant·es, mais aussi contre les masses populaires, la classe ouvrière et les pauvres en Grèce solidaires de la Palestine.

Ce n’est pas un hasard si cette répression a lieu sur l’île de Crète, qui abrite l’une des plus grandes bases militaires de l’OTAN et une base de l’armée sioniste. Il n’est pas anodin d’être arrêté dans un pays dirigé par un gouvernement de droite qui vend ses terres et ses ressources à des entreprises sionistes privées qui exploitent les masses grecques qui perdent leurs droits, leurs terres et leur souveraineté. Alors que le régime sioniste considère le gouvernement grec actuel comme son allié stratégique, nous aussi, en tant que Palestinien·nes et forces révolutionnaires, devons reconstruire et renforcer notre alliance historique et stratégique pour la libération, la justice et la souveraineté avec toutes les forces progressistes en Grèce. 

Indépendamment du traitement qui m’a été réservé, de l’injustice et des conditions de détention inhumaines, je suis sincèrement reconnaissant d’avoir pu côtoyer ces personnes oubliées et marginalisées, et d’avoir pu goûter un tout petit peu à ce qu’elles endurent depuis des mois, voire des années. Je sais que mon expérience en Grèce n’est pas un cas isolé, mais qu’il y a des prisonnier·es palestinien·nes et des prisonnier·es pour la Palestine non seulement dans les cachots sionistes, mais aussi dans les prisons d’Allemagne, d’Italie, de Grande-Bretagne et des États-Unis, ainsi que dans les centres de détention belges, qui ont besoin de tout notre soutien et de toute notre solidarité.

Mes derniers mots à l’intention des criminels en « Israël » ou ailleurs : vous pouvez nous détenir, nous torturer, nous assassiner, mais vous ne parviendrez jamais à nous empêcher de parler, d’agir et de lutter pour une Palestine libre, pour un Soudan libre, pour un Congo libre ; contre les agressions impérialistes contre Cuba, le Venezuela et l’Iran ; pour la libération de tous les peuples opprimés dans le monde.

Liberté pour tous·tes les prisonnier·es politiques !
De la Mer au Jourdain : Palestine Vaincra !


Photographies de Mohammed Khatib prises après sa détention et cinq jours de mauvais traitements médicaux et de négligence, notamment le fait d’avoir été délibérément détenu dans une pièce infestée de punaises de lit et privé des médicaments fournis par ses camarades venus lui rendre visite :


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