Traduction – Coup Pour Coup 31

Nidal Abu Aker, dirigeant communautaire de longue date et journaliste dans le camp de réfugiés de Dheisheh, et son fils Mohammed Abu Aker, étudiant à l’université, ont été saisis par les forces d’occupation israéliennes qui ont envahi le camp tôt le matin du jeudi 1er novembre. Tous deux sont des défenseurs éminents des droits des Palestiniens et d’anciens prisonniers qui ont été incarcérés à plusieurs reprises pour leur engagement en faveur de la libération de la Palestine.

Les forces d’occupation israéliennes ont envahi la maison, poussant, bousculant et frappant Abu Aker alors qu’il résistait aux soldats armés qui s’introduisaient de force dans la maison familiale.

Ils ont malmené Mohammed en le tirant de son domicile avec son père, brandissant leurs armes, menaçant les réfugiés palestiniens vivant dans des appartements à proximité.

La famille Abu Aker est composée de réfugiés de Ras Abu Ammar en Palestine de 48; leur famille vit dans le camp de réfugiés de Dheisheh depuis la Nakba. Nidal, 50 ans, est marié à Manal Shaheen et a trois enfants: Mohammed, Dalia et Karmel. Chef de file du Front populaire pour la libération de la Palestine, il anime également une émission sur les prisonniers palestiniens intitulée « Dans leurs cellules » à la radio Sawt al-Wihda et cofondateur de l’Association des familles de prisonniers dans le camp.

Il a passé 17 ans dans les prisons israéliennes, après plusieurs arrestations et moins de 11 ans de détention administrative sans inculpation ni jugement. En 2015, il a entamé une grève de la faim de 40 jours avec cinq autres détenus administratifs pour demander la fin de l’emprisonnement sans accusation ni procès. Il a été arrêté pour la première fois en 1984 et sa mère dit qu’il a passé près de la moitié de sa vie dans les prisons israéliennes. Il a été libéré de son dernier séjour en détention administrative sans inculpation ni procès en juillet 2018, après deux ans d’emprisonnement.

Mohammed, 25 ans, a été libéré fin 2017 après avoir passé deux ans et deux mois dans une prison israélienne pour diverses accusations politiques, dont le soutien à une organisation interdite et son appartenance à cette organisation. Tous les principaux partis politiques palestiniens sont considérés comme illégaux par l’occupation israélienne, et les gens sont souvent accusés de participation à des organisations d’étudiants, de jeunes et de travailleurs, à l’instar de Mohammed. Étudiant à l’Université de Bethléem, il est connu pour son rôle dans l’organisation du mouvement étudiant palestinien sur le campus.

Le camp de réfugiés de Dheisheh est un site de répression intense et de fréquents raids violents menés par les forces d’occupation israéliennes. Les jeunes du camp ont été menacés par des commandants militaires israéliens avec des appels téléphoniques et de SMS. Raed al-Salhi, un jeune Palestinien non armé, a été abattu par les forces d’occupation lors d’un « raid d’arrestation », peu après qu’un soldat de l’occupation eut menacé de « tirer [sur Raed] devant votre mère ».

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun exige la libération immédiate de Nidal et de Mohammed Abu Aker. Leur arrestation témoigne des attaques continuelles dirigées contre leur famille et d’autres militants dans le camp de réfugiés de Dheisheh, ainsi que de l’attaque en cours contre les organisateurs étudiants en Palestine. Selon les estimations, il y a plus de 300 étudiants à l’université dans les prisons israéliennes.

Ces arrestations témoignent des tentatives israéliennes d’éliminer et d’isoler les dirigeants les plus efficaces, les plus populaires et les plus dignes de confiance des mouvements palestiniens, au moyen de l’emprisonnement à grande échelle. Néanmoins, malgré des années d’emprisonnement, l’occupation n’a pas brisé leur détermination et leur engagement en faveur de la libération de la Palestine. La solidarité et l’action internationales sont essentielles pour soutenir Nidal et Mohammed et exiger la liberté de tous les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Sur le plan international, nous pouvons aider à gagner leur liberté en organisant des campagnes de boycott des produits israéliens, d’institutions universitaires et culturelles et en plaidant pour un embargo militaire d’Israël, et en protestant et en faisant campagne pour briser l’isolement des prisonniers palestiniens et exiger leur libération – et la libération de la Palestine et de son peuple, de la mer au Jourdain.