Les prisonniers palestiniens saluent Shireen Abu Aqleh, demandent que justice soit faite et que les responsables rendent des comptes pour la journaliste assassinée

Les prisonniers politiques palestiniens dans les prisons d’occupation ont exprimé leur deuil collectif et leur indignation face à l’assassinat israélien de la journaliste palestinienne bien-aimée, la martyre Shireen Abu Aqleh. Reporter pour Al Jazeera, elle a été abattue d’une balle dans la tête par les forces d’occupation alors qu’elle couvrait une invasion du camp de Jénine aux premières heures du mercredi 11 mai. Au même moment, son collègue et journaliste Ali Samoudi a reçu une balle dans le dos et a été blessé. Dans toute la Palestine et dans le monde entier, les Palestiniens, les Arabes et les partisans de la Palestine ont exprimé un élan de colère et de deuil pour Abu Aqleh, dont les reportages véridiques et engagés sur des décennies de lutte palestinienne et d’attaques israéliennes avaient été un pilier des foyers partout dans le monde.

Des organisations politiques, des journalistes, des groupes de médias, des groupes sociaux et culturels et des individus ont tous exprimé leur amour pour le travail et les principes d’Abu Aqleh et leur engagement à rechercher la vraie justice et la responsabilité pour son assassinat et le ciblage systématique des journalistes palestiniens et de ceux qui disent la vérité.

L’attaque contre Abu Aqleh ne s’est pas arrêtée à son assassinat. Des milliers de Palestiniens sont descendus dans la rue en signe de deuil et d’hommage à Abu Aqleh. Dans la soirée du jeudi 12 mai, les forces d’occupation ont attaqué l’église qui accueillait ses funérailles, tentant d’abaisser le drapeau palestinien tout en bloquant le cortège funèbre à son arrivée à Beit Hanina, à Jérusalem. Une femme a été blessée par les forces d’occupation qui ont attaqué les funérailles, et le frère d’Abu Aqleh, Anton, a été convoqué pour interrogatoire.

Dans les prisons de l’occupation, les prisonniers palestiniens se sont joints à cette célébration nationale du travail d’Abu Aqleh et à son indignation face au vol de sa vie.

Les femmes palestiniennes de la prison de Damon ont publié le message suivant :

Nous, les femmes détenues à la prison de Damon, présentons nos plus sincères condoléances à l’ensemble du peuple palestinien et aux collègues journalistes et à la famille du martyr en particulier.

En tant que prisonnières, nous considérons que l’objectif de la journaliste Shireen vise également ceux qui disent la vérité et soutiennent la cause de notre peuple, y compris la cause du mouvement des prisonniers, dans lequel les médias jouent un rôle important, en plus d’exposer la réalité de l’occupation et de ses pratiques brutales contre notre peuple, que ce soit par des meurtres, des démolitions de maisons ou des arrestations. Le martyre de l’éminente journaliste Shireen Abu Aqleh ne doit pas passer sans qu’elle ait à rendre des comptes et doit inciter la conscience du monde à demander des comptes aux tueurs, à ceux qui ont visé Shireen et le peuple palestinien en général.

Le mouvement des prisonniers palestiniens dans les prisons de l’occupation a annoncé que le jeudi 12 mai est un jour de deuil dans toutes les sections des prisons de l’occupation. Dans un communiqué diffusé par la Société des Prisonniers Palestiniens, le mouvement des prisonniers a déclaré :

« La journaliste martyre Shireen Abu Aqleh a porté la cause de la patrie et notre cause, celle des prisonniers, sur ses épaules. Aujourd’hui, son peuple la porte sur ses épaules. Nous sommes là, de l’intérieur des cellules et derrière les murs. Nous te porterons dans nos cœurs et dans nos mémoires comme tu l’as toujours été pour nous. »

Il y a plus de 4500 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons de l’occupation israélienne, dont 600 emprisonnés sans charge ni procès en détention administrative. Des dizaines de journalistes palestiniens font partie de ce nombre, ainsi que 32 femmes.

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Shireen Abu Aqleh rejoint une longue lignée de martyrs palestiniens dont la vie a été prise par une force coloniale qui tentait vainement de vaincre le peuple palestinien. Son héritage, comme celui de tous les martyrs de Palestine, doit nous inciter à nous organiser, à lutter et à résister pour la libération de la Palestine, de ses prisonniers et de son peuple. Mais aussi à tourner nos regards vers Jénine, lieu quotidien d’assassinats, de meurtres extrajudiciaires, de raids armés, de démolitions de maisons et d’assauts incessants de l’occupation. Et le lieu quotidien d’une résistance inébranlable et invaincue qui continue de lutter pour la justice et la liberté, pour défendre la terre et le peuple contre l’agression coloniale.

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun invite tout le monde à saluer les martyrs de Palestine et leurs aspirations en se joignant aux marches et rassemblements pour la Palestine organisés dans le monde entier à l’occasion de la 74e commémoration de la Nakba, la Journée de la lutte palestinienne, et du mouvement en cours pour la libération et le retour. En particulier à Paris le samedi 14 mai et à Toulouse le vendredi 13 mai.