Ce samedi 13 juin, le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonnier.e.s palestinien.ne.s et le Club sportif Yabous du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared au Liban organisaient un spectacle de théâtre des rues et une action publique contre la « Loi sioniste d’exécution des prisonniers » tout en exigeant l’expulsion d’« Israël » de la FIFA et ce, en pleine ouverture de la Coupe du monde.

L’événement comprenait une parodie d’exécution du tristement célèbre ministre sioniste et fasciste Itamar Ben-Gvir qui, arborant partout des nœuds coulants, fait publiquement campagne en faveur de l’exécution des prisonniers palestiniens et se vante de la torture et des violences subies par les Palestiniens dans les geôles de l’occupation. Tout récemment encore, il encourageait l’enlèvement de femmes et d’enfants libanais comme mécanisme de répression de la résistance libanaise. L’homme est bien connu pour son rôle au sein du mouvement expansionniste du peuplement en Palestine occupée. Les manifestants ont « pendu » une effigie de Ben-Gvir avant d’y mettre le feu au moment où elle tombait sur le sol.

Les participants portaient des écriteaux et des banderoles réclamant l’annulation de la loi sur l’exécution, la libération de tous les prisonniers palestiniens, hommes, femmes et enfants, et la libération de la Palestine, tout en exigeant qu’« Israël » soit exclu de la FIFA et du sport international. L’événement a débuté par une minute de silence en solidarité avec les prisonniers, juste avant que n’entre un groupe de participants tous enchaînés qui ont agité des signes de victoire.
Les visages des enfants étaient peints de petits drapeaux palestiniens et les orateurs ont abordé la lutte en cours des prisonniers à l’intérieur des prisons de l’occupation, alors qu’ils subissent jour après jour torture, violences et négligence médicale, isolement et affamement, dans une tentative en vue d’éliminer le mouvement des prisonniers palestiniens.

Adnan Hamad, représentant de Samidoun, a insisté sur le fait que la torture et la violence cherchaient à « briser la volonté des prisonniers et à détruire le symbolisme du mouvement des prisonniers palestiniens. (…) Quand l’occupation est incapable de briser la résistance sur le champ de bataille, elle se tourne vers la potence et les punitions collectives. Toutefois, l’histoire a prouvé, de la prison d’Acre aux camps de détention d’Ansar, que le mouvement des prisonniers a été et restera la première ligne de résistance et la consciente vivante de la révolution qui ne peut être brisée ».

Said Alloush a pris la parole au nom des clubs sportifs de Nahr El-Bared, en disant avec emphase que le mouvement des sports et de la jeunesse des camps du Liban se tenait aux côtés des prisonniers palestiniens dans leur lutte pour la liberté et la dignité, que les sports palestiniens faisaient partie de l’identité nationale et constituaient un mécanisme pour encourager la conscience et l’engagement parmi les enfants et les jeunes. Il a également dit que l’occupation continuait de participer à des événements sportifs internationaux malgré son génocide et ses crimes de guerre en cours, y compris les crimes ciblant les prisonniers palestiniens, et il a réclamé son expulsion immédiate.

La représentante des Femmes d’Al-Awda a elle aussi pris la parole pour faire remarquer que les femmes palestiniennes étaient des partenaires dans tous les domaines de la lutte nationale, y compris le mouvement des prisonniers derrière les barreaux de l’occupation, où hommes et femmes détenus subissent des violations et une répression extrêmes. Elle a appelé à une action populaire et officielle plus large pour dénoncer cette réalité devant le monde, insistant en disant que les tentatives de l’occupation en vue de briser la volonté des prisonniers échoueraient face à leur détermination.
Déclaration du Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonnier.e.s palestinien.ne.s le 13 juin à Nahr El-Bared
Aux masses de notre peuple palestinien du camp de réfugiés de Nahr al-Bared,
Aujourd’hui, nous sommes rassemblés au moment où l’ennemi fasciste intensifie sa guerre de représailles contre nos femmes et nos hommes prisonniers ; une guerre dirigée par un gouvernement criminel via des initiatives législatives cherchant à imposer des exécutions et une politique systématique de torture, d’affamement et d’isolement supervisée par l’extrémiste Ben-Gvir, dans le but de transformer lentement en tombes les cellules de prison.
Ce qui se passe derrière les barreaux, ce ne sont pas des « mesures de sécurité », mais plutôt une guerre de vengeance destinée à briser la volonté des prisonniers et à déformer l’image du Palestinien qui résiste. Pourtant, elles échouent chaque fois face aux héros dont la fermeté a transformé les cellules de la prison en écoles de la conscience, de la résilience et du défi.
La loi sur l’exécution qu’ont promu les forces sionistes d’extrême droite dénonce la nature criminelle de cette entité, fondée sur le colonialisme et le nettoyage ethnique. Quand l’occupation est incapable de briser la résistance sur le champ de bataille, elle se tourne vers la potence et les punitions collectives. Toutefois, l’histoire a prouvé, de la prison d’Acre aux camps de détention d’Ansar, que le mouvement des prisonniers a été et restera la première ligne de résistance et la consciente vivante de la révolution qui ne peut être brisée.
Face à cette terreur, notre responsabilité nationale et morale exige aujourd’hui que nous :
- Intensifiions les campagnes de soutien et de solidarité et développions plus avant les activités populaires, médiatiques et étudiantes.
- Poursuivions les dirigeants de l’ennemi devant des tribunaux internationaux et dénoncions leurs crimes à la face du monde entier.
- Appelions les masses de notre nation et les forces de libération du monde entier à constituer un bloc uni contre ce projet fasciste.
La lutte des prisonniers n’est pas simplement une question humanitaire ; elle est au cœur de la lutte pour la libération nationale – la lutte d’un peuple qui résiste pour son retour, sa liberté et son indépendance sur toute la terre de Palestine, du fleuve à la mer.
- Gloire et victoire à nos héroïques femmes et hommes prisonniers.
- Liberté pour les prisonniers palestiniens, libanais et syriens détenus dans les prisons de l’ennemi.
- Honte à l’occupation et à ses geôliers et longue vie à la résistance où qu’elle soit.
C’est une révolution continue jusqu’à la libération et jusqu’au retour.
Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonnier.es palestinien.ne.s



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