Biden hors de Palestine : Non à l’impérialisme, au sionisme et aux régimes réactionnaires arabes – Oui à la résistance, au retour et à la libération !

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun dénonce la visite du président des Etats-Unis Joe Biden en Palestine occupée. Cette visite et l’ensemble du voyage de Biden dans la région montrent clairement l’alliance des ennemis auxquels le peuple palestinien est confronté : le sionisme, l’impérialisme et ses sous-traitants, les régimes réactionnaires arabes, ainsi que l’Etat israélien. Le voyage de Biden en Palestine occupée souligne l’alliance stratégique de l’impérialisme américain avec le projet sioniste de colonisation en Palestine, construit sur un édifice de terres palestiniennes volées, afin d’attaquer davantage la résistance palestinienne et toutes les forces de résistance de la région.

Plus tôt dans sa carrière politique, Biden a affirmé : « S’il n’y avait pas d’Israël, nous devrions en inventer un pour nous assurer que nos intérêts sont préservés », indiquant très clairement comment il considère la colonisation de la terre et du peuple de Palestine : une question d’intérêts. Aujourd’hui, Biden se rend en Palestine occupée pour être fêté comme un « sioniste exceptionnel », c’est-à-dire quelqu’un qui préserve la relation de longue date entre le sionisme et l’impérialisme.

Cependant, nous savons que les « intérêts » dont Biden parle ici ne sont pas nos intérêts : les intérêts des peuples du monde, qui sont ceux qui luttent pour secouer le joug de l’impérialisme, ceux qui travaillent pour les profiteurs sans jamais recevoir les profits. Alors que nous commémorons le 50e anniversaire de l’assassinat de Ghassan Kanafani, nous nous souvenons de ses mots importants : « L’impérialisme a étendu son corps sur le monde, la tête en Asie orientale, le cœur au Moyen-Orient, ses artères atteignant l’Afrique et l’Amérique latine. Partout où vous le frappez, vous l’endommagez, et vous servez la Révolution mondiale… La cause palestinienne n’est pas une cause pour les Palestiniens seulement, mais une cause pour chaque révolutionnaire, où qu’il soit, en tant que cause des masses exploitées et opprimées à notre époque. »

 

« OTAN » : Une alliance belliciste et agressive

La visite de Biden a été présentée comme une tentative de former une « OTAN arabe » par le biais d’une normalisation avec Israël, le projet sioniste de colonisation de la région. Un tel projet menace évidemment les intérêts non seulement du peuple palestinien mais de tous les peuples de la région, une tentative de former une alliance belliciste agressive comme son homonyme aux dépens des forces de résistance. Cependant, il est clair – comme ce fut le cas lors de l’Intifada de l’Unité et de la bataille de Seif al-Quds en 2021 – qu’une soi-disant « OTAN arabe » ne fournira au colonialisme jamais plus que l’illusion de la sécurité. En réalité, tout projet qui repose sur la dépossession et l’assujettissement des peuples de la terre dans le but de diviser la région au sens large et d’extraire des ressources au profit des puissances coloniales et impérialistes est fondamentalement peu sûr, surtout lorsqu’il est confronté à une puissante résistance.

Plus fondamentalement, ce type d’alliance ne sert pas les intérêts du peuple arabe mais cherche plutôt à le soumettre à la domination militaire du sionisme et de l’impérialisme. De la Palestine à l’Irak, en passant par la Syrie, la Libye, la Somalie et le Yémen, la réalité brutale de ce que signifie « l’OTAN » pour les peuples de la région est horriblement évidente, tout comme pour les peuples du monde entier. La volonté d’étendre l’OTAN à la Suède et à la Finlande, accompagnée d’une répression croissante de la lutte kurde par la Turquie, membre de l’OTAN, au moment même où elle occupe le nord de la Syrie, souligne les objectifs expansionnistes de l’OTAN à un moment où sa domination est de plus en plus précaire.

Le voyage de Biden est une tentative de s’appuyer sur le soi-disant « accord du siècle » avec la normalisation militarisée de ce qui ne pourra jamais être « normal » – la dépossession du peuple palestinien et la colonisation de la Palestine – afin de faire du bellicisme contre l’Iran et tous les pays et mouvements arabes qui poursuivent une politique de résistance ou même simplement de développement indépendant.

 

La responsabilité des Etats-Unis dans les crimes israéliens

Chaque cas de confiscation de terres, de démolition de maisons, d’emprisonnement massif, d’exécution extrajudiciaire, de blocus, d’invasion, de bombardement et de refus de retour effectué par le régime israélien est financé et soutenu par les États-Unis, depuis les bombardements continus de Gaza et le blocus dévastateur, jusqu’à l’emprisonnement de plus de 4 700 prisonniers politiques palestiniens et l’assassinat de la journaliste palestinienne (et citoyenne américaine) Shireen Abu Aqleh.

Alors que Biden peut prétendre défendre un « ordre international fondé sur des règles », il est clair que lui et les États-Unis envisagent un monde dans lequel ils établissent les règles et où les peuples et les nations du monde sont forcés de les suivre sous la menace d’une arme, avec des menaces de dévastation militaire et économique pour tout écart. La fausseté de toute prétention à défendre les droits de l’homme ou la démocratie est exposée par le financement et le soutien continus des États-Unis à l’emprisonnement de milliers de prisonniers politiques palestiniens, dont 600 emprisonnés sans charge ni procès qui continuent à boycotter les tribunaux militaires pour mettre fin à la détention administrative. Parmi eux se trouvent des centaines d’enfants, et 90 % d’entre eux ont été soumis à la torture, sans parler des abus médicaux et de la politique de négligence médicale. Malgré ces conditions, les prisonniers palestiniens continuent non seulement à survivre et à rester inébranlables, mais aussi à diriger le mouvement de résistance et à se tenir chaque jour sur les lignes de front de la confrontation.

 

Des États-Unis à la Palestine, le colonialisme est un crime !

Aujourd’hui, même les sondages aux États-Unis montrent qu’un nombre croissant de personnes rejettent le cadre de la « sécurité » par le biais du colonialisme de peuplement – que les gens veulent une meilleure vie pour eux-mêmes et pour les peuples du monde, avec l’éducation, les soins de santé, les infrastructures et la solidarité mutuelle, plutôt que l’exploitation, la dégradation du climat, le colonialisme et l’impérialisme. Biden, aux côtés du Congrès, continue de fournir à l’occupation israélienne plus de 3,8 milliards de dollars par an en aide militaire américaine – avec un coup de pouce supplémentaire pour le système de roquettes dit « Dôme de fer ».

Les agences de police et les forces de sécurité américaines et israéliennes s’engagent régulièrement dans une « coopération en matière de sécurité » qui comprend tout, depuis un bureau de la police de New York à Tel Aviv qui va de pair avec la violence de la police de New York dans les rues de la ville jusqu’à l’emprisonnement continu de trois des cinq de la Holy Land Foundation, des Palestiniens-Américains qui purgent jusqu’à 65 ans dans des prisons américaines en tant que prisonniers politiques pour avoir collecté des fonds pour les veuves et les orphelins palestiniens – aux côtés des prisonniers politiques du Black Liberation Movement qui purgent des décennies dans les prisons américaines. Ces connexions sont ce que des initiatives comme le Mapping Project à Boston tentent de révéler, suscitant de graves tentatives de répression de ces campagnes avec des menaces de répression du FBI et de censure du Congrès.

 

La résistance n’est pas du terrorisme

Bien entendu, cela va de pair avec la liste américaine des « organisations terroristes étrangères », qui sert de modèle à des listes similaires dans le monde entier. Créée à l’origine pour imposer par la force le soi-disant « processus de paix » d’Oslo au peuple palestinien et réprimer sa résistance armée et populaire légitime, la criminalisation de la résistance, de la Palestine au Liban et au-delà, est directement liée à l’utilisation de sanctions coercitives et à la désignation d’« États commanditaires du terrorisme » pour imposer la terreur impériale aux peuples de la région.

Cependant, il est peut-être plus clair que jamais que la voix légitime du peuple palestinien se trouve dans la résistance palestinienne, que ceux qui ont libéré le Sud-Liban de 20 ans d’occupation sont les protecteurs de la dignité, et que le peuple arabe et les peuples de la région dans son ensemble n’ont pas été vaincus par des invasions répétées, des guerres par procuration et des campagnes de déstabilisation. Le camp de la résistance s’étend de la région au monde entier, à Cuba, au Venezuela, en Bolivie, et partout dans le monde où les peuples et les nations se défendent et résistent à l’impérialisme et à la colonisation.

Alors que Biden vient dans la région un an après l’Intifada/Seif al-Quds, sa visite marque également l’anniversaire de la mise en échec par le peuple et la résistance libanaise de l’assaut israélien de 2006 – défense de la souveraineté, maintien de l’autodétermination et de la force collective. Cet anniversaire indique une autre voie de victoire et de libération pour le peuple arabe et la région dans son ensemble, plutôt que l’« alliance » militaire de soumission à la domination coloniale que Biden cherche à promouvoir.

 

De la « coordination sécuritaire » à la normalisation et à l’alliance militaire : l’Autorité palestinienne et les régimes réactionnaires arabes

La visite de Biden met également une fois de plus en évidence le rôle de l’Autorité palestinienne : il ne s’agit pas de représenter le peuple palestinien et de défendre ses droits, mais plutôt de servir de sous-traitant en matière de sécurité pour l’occupation israélienne, la formation et le financement de ces forces de sécurité étant assurés par les États-Unis. Depuis l’emprisonnement d’Ahmad Sa’adat sous la surveillance de gardes américains, Britannique, Canadien et Turc dans la prison de l’Autorité palestinienne jusqu’à la torture et l’incarcération actuelles des détenus politiques dans une « porte tournante » avec les prisons sionistes, la « coordination sécuritaire » de l’Autorité palestinienne avec l’occupation israélienne ne sert pas les intérêts du peuple palestinien mais constitue plutôt un coup de poignard dans le dos de la résistance, de ces combattants qui protègent la terre et le peuple palestiniens – et, en fait, servent de symbole et sont une réalité d’espoir de justice pour les peuples du monde.

De l’Égypte à la Jordanie, de l’Arabie saoudite au Qatar et aux Émirats arabes unis, les visites de Biden sont prévues pour intensifier la normalisation avec le régime israélien, promouvoir le bellicisme, faire progresser la répression des peuples arabes qui défendent leurs droits, leurs ressources et leur avenir, et développer les ventes d’armes américaines. Ces États ont soutenu les forces les plus réactionnaires dans des guerres par procuration en Syrie, en Libye et ailleurs dans la région, tout en participant directement au bombardement et au siège du Yémen. Avec les visites de Biden, les États-Unis montrent clairement que toutes ces aventures sont bien leurs projets, financés par les dollars et les armes américaines aux dépens des peuples de la région et de la souveraineté et de l’autodétermination arabes. Toute alliance militaire avec les États-Unis et Israël – en particulier contre l’Iran, visé pour son insistance sur la souveraineté et son soutien à la résistance au Liban et en Palestine – est un lien non pas de défense mais d’asservissement des peuples pour l’enrichissement des élites dirigeantes réactionnaires.

Malgré les fonds et les armes qui sont déversés pour soutenir la domination impérialiste et le colonialisme sioniste en Palestine occupée et dans toute la région, il est clair que le pouvoir de ces régimes est loin d’être absolu. De l’auto-libération de six prisonniers de Gilboa par le tunnel de la liberté à l’unité, la résistance et la résilience dans l’Intifada/Bataille de Seif al-Quds, les forces de résistance palestiniennes montrent chaque jour qu’elles sont en première ligne de la défense non seulement du peuple palestinien mais de l’humanité elle-même, de tous ceux qui cherchent un monde de paix véritable et de justice, et continuent de prouver qu’il est possible de vaincre l’impérialisme et ses agents lourdement armés.

Le voyage de Biden peut et doit nous inspirer tous à nous organiser – à repousser l’OTAN, de Madrid à Vancouver, de New York à Bruxelles, ainsi qu’une soi-disant « OTAN arabe » ; exiger la fin de l’aide américaine à Israël et prendre des mesures pour que cette aide ne soit plus politiquement viable ; supprimer les soi-disant « listes terroristes » qui visent à criminaliser la résistance populaire ; travailler pour libérer tous les prisonniers palestiniens ; lutter pour mettre fin aux régimes de sanctions, aux invasions militaires et aux guerres par procuration qui ont tant dévasté la région ; et d’intensifier toutes nos campagnes pour boycotter et isoler le régime israélien et les entreprises qui profitent de l’occupation et de la colonisation de la Palestine.

Nous invitons tous les Palestiniens, les Arabes et les partisans de la Palestine à nous rejoindre le 29 octobre à Bruxelles pour marcher pour le retour et la libération de la Palestine – et contre l’OTAN et l’impérialisme. Cette marche demandera l’expulsion du régime israélien des Nations Unies – le colonialisme et l’occupation ne seront jamais légitimes !

De la mer au Jourdain, la Palestine sera libre !